05 juillet 2005

Une lettre de Mauricette Beaussart

Cher Lucien,
tu sais la dernière fois un geai bleu et noir
là-bas c’était
je dis là-bas C’ETAIT
longtemps ça fait si longtemps ça fait si longtemps si longtemps si loin
j’ai des explosions des dégâts ça casse
des éclats
dans le temps j’ai parti si loin dans le temps j’avais des bottes et de la terre dessus et aussi des feuilles mortes dessous
l’amertume des chipons ne fait plus pleurer personne
loin la poussière brille
j’ai couru dans la nuit des flammes jaunes et vertes
la terre était comme une loque
les vers y faisaient des cloques
j’ai couru dans la nuit des bruits ferrugineux
j’ai couru dans la nuit des tentacules gluants
il y a une femme grosse qui veut
asseoir sur la chaise
l’enfant
lui veut dormir il a mal c’est dur de dormir avec si tant de mal partout
tout est vrai sauf l’enfer l’enfer c’est là-bas là en bas loin toujours
un oiseau s’est posé à côté de ma tête il a pris la migraine dans son bec rouge
un oiseau s’est envolé en criant
tout je vois tout c’est pas beau
des chenilles des crémallières des pendaisons
des idylles lointaines qui résonnent des bruits de l’usine où ils fabriquent des armes
beaucoup de choses mortes bien rangées
mais maintenant mon centre est partout et ma circonférence nulle part
3 pour le temps 4 pour l’espace 7 c’est la vie
lucien je vais bien maintenant ici
Mort y sept

2 commentaires:

Mauricette Beaussart a dit…

Il me semblait sentir l'amertune des chapons... (chapons, chiffons, chipons, chicons ?)
Aujourd'hui le blog d'*.*, c'est la cérémonie du thé.
Je n'étais pas là ces jours-ci à cause de l'eaurage, mon internet était tout mouillé.

Anonyme a dit…

que c'est beau...vous dis-je, tristement.